Exposition Monaco et l’Automobile : les voitures exceptionnelles à découvrir au Grimaldi Forum

Du premier Grand Prix de Monaco disputé dans les rues de la Principauté en 1929 aux triomphes des monoplaces de Formule 1 et des voitures de rallye les plus emblématiques, l’histoire de Monaco est intimement liée à celle de l’automobile. L’exposition « Monaco et l’Automobile », présentée au Grimaldi Forum du 1er juillet au 6 septembre 2026, invite les visiteurs à parcourir près d’un siècle d’innovations techniques, d’exploits sportifs et de créations d’exception. Parmi les modèles exposés figurent des témoins majeurs de cette aventure : la Bugatti Type 35B victorieuse du tout premier Grand Prix de Monaco, l’Alfa Romeo 158 « Alfetta » qui domina les débuts du championnat du monde de Formule 1, la Fiat 131 Rally qui conquit les routes du Championnat du monde des rallyes à la fin des années 1970, ainsi que la prestigieuse Bugatti Type 46 « Toutalu », remarquable synthèse entre élégance, innovation et savoir-faire artisanal.
À travers ces automobiles d’exception et de nombreuses autres pièces historiques, l’exposition retrace l’évolution d’une passion qui a façonné l’identité de Monaco et contribué à faire de la Principauté l’un des hauts lieux mondiaux du sport automobile.

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BUGATTI Type 35B

Le 14 avril 1929, le Grand Prix de Monaco entre dans l’histoire avec sa première édition disputée sur un circuit urbain tracé dans les rues de la Principauté. Imaginée par Antony Noghès, avec le soutien du prince Louis II et de l’Automobile Club de Monaco, cette épreuve se distingue des autres Grands Prix de l’époque, organisés sur des circuits permanents.

La course oppose principalement une puissante Mercedes-Benz SSK à une importante délégation de Bugatti. Profitant d’un règlement ne limitant plus la cylindrée, le constructeur alsacien engage plusieurs modèles, dont les Type 35C et les plus performantes Type 35B équipées de moteurs suralimentés. Parmi les huit Bugatti au départ figurent notamment celles de William Grover, dit « Williams », Georges Bouriano, Philippe Étancelin et René Dreyfus.

La lutte pour la victoire se concentre entre Williams, au volant d’une Bugatti Type 35B, et l’Allemand Rudolf Caracciola sur Mercedes-Benz SSK. Malgré la puissance de sa voiture, peu adaptée aux rues étroites de Monaco, Caracciola doit se contenter de la troisième place. Williams s’impose finalement devant Bouriano, offrant à Bugatti la victoire lors de cette première édition historique du Grand Prix de Monaco.

Au-delà de ses exploits sportifs, William Grover marquera également l’histoire par son engagement dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale. Agent du Special Operations Executive, il sera arrêté en 1943 puis exécuté au camp de Sachsenhausen en mars 1945.

Bugatti 35B

Bugatti 35B - 1928
Collection : « Stiftung Nationales Automuseum, The Loh Collection »

© Dominic Fraser

Bugatti B46

BUGATTI 46

À la fin des années 1920, porté par ses succès en compétition, Ettore Bugatti ambitionne de conquérir le marché du très grand luxe avec la spectaculaire Type 41 « Royale ». Cependant, le krach boursier de 1929 compromet rapidement ce projet : seules cinq voitures trouvent acquéreur, tandis qu’un sixième exemplaire demeure dans la famille Bugatti.

Parallèlement, le constructeur développe un modèle plus accessible, mais toujours prestigieux : la Type 46, rapidement surnommée la « Petite Royale ». Cette grande routière se distingue par son moteur raffiné, silencieux et puissant, intégrant des solutions techniques issues de la compétition, telles que le double allumage et un vilebrequin doté d’un arbre d’équilibrage. En 1932, l’arrivée de la version 46 S, équipée d’un compresseur Roots développant jusqu’à 180 ch, lui confère des performances remarquables.

Parmi les différentes déclinaisons de la Type 46 figure une carrosserie particulièrement originale réalisée par le carrossier français Million-Guiet. Baptisée « Toutalu », elle est entièrement construite en aluminium selon un procédé breveté par Jean de Vizcaya. Son style novateur se caractérise notamment par des vitres latérales inspirées du monde ferroviaire, des ailes enveloppantes et des pare-chocs tubulaires.

L’exemplaire conservé aujourd’hui à la Cité de l’Automobile de Mulhouse a été immortalisé par le photographe André Kertész et a participé au Rallye de Monte-Carlo de 1932.

ALFA ROMEO 158

Conçue en 1937 par les ingénieurs Gioachino Colombo et Alberto Massimino pour Alfa Romeo, la 158, surnommée « Alfetta » en raison de ses dimensions compactes, est l’une des monoplaces les plus emblématiques de l’histoire du sport automobile. Dotée d’un moteur huit cylindres de 1,5 litre suralimenté par compresseur, elle développe près de 200 ch dans ses versions d’après-guerre.

L’Alfa Romeo 158 domine les débuts du Championnat du monde de Formule 1, remportant les titres pilotes de 1950 et 1951 avec Giuseppe Farina puis Juan Manuel Fangio. Lors de la saison inaugurale de 1950, les Alfetta s’imposent immédiatement en réalisant un triplé au Grand Prix de Grande-Bretagne. À Monaco, elles doivent toutefois faire face à un nouveau concurrent : Ferrari, qui débute alors en championnat du monde. Fangio y décroche la victoire, tandis que Farina et Luigi Fagioli abandonnent. Une quatrième 158, utilisée comme voiture de réserve, est également présente sur l’épreuve.

Le Grand Prix de Monaco 1950 reste célèbre pour l’un des plus spectaculaires carambolages de l’histoire de la discipline. Au premier tour, un accident impliquant plusieurs voitures bloque partiellement la piste au virage du Bureau de Tabac. Fangio, alerté par l’attitude inhabituelle des spectateurs, ralentit à temps, évite les véhicules immobilisés et poursuit sa route vers sa première victoire en championnat du monde. À la fin de la saison, Alfa Romeo monopolise le podium final avec Farina, Fangio et Fagioli.

Alfa Romeo 158
FIAT 131 RALLY

FIAT 131 RALLY

Pour la saison 1976 du Championnat du monde des rallyes, Fiat lance la 131 Rally, une version profondément transformée de la berline 131 Mirafiori. Ce choix stratégique permet au constructeur italien de promouvoir un modèle proche de ceux proposés au grand public. Développée avec l’aide d’Abarth pour la mécanique et de Bertone pour la carrosserie, la 131 Rally dispose d’un moteur 2 litres pouvant dépasser 215 ch en compétition et d’un design élargi adapté aux exigences du rallye.

Présentée en 1976 et produite à seulement 500 exemplaires, la voiture révèle rapidement son potentiel. Après des débuts au Rallye du Maroc, elle remporte sa première victoire au Rallye des Mille Lacs avec Markku Alén et Ilkka Kivimäki. Dès 1977, profitant du retrait progressif de la Lancia Stratos, Fiat s’impose au plus haut niveau avec cinq victoires et décroche le titre mondial des constructeurs devant Ford.

La domination se poursuit en 1978 avec un deuxième titre mondial et le sacre de Markku Alén chez les pilotes. Malgré une saison 1979 plus difficile, la 131 Rally retrouve les sommets en 1980 grâce à Walter Röhrl et Christian Geistdörfer. Vainqueurs à Monte-Carlo, au Portugal, en Argentine et à Sanremo, ils permettent à Fiat de reconquérir le championnat du monde des constructeurs et de confirmer la place de la 131 Rally parmi les modèles les plus marquants de l’histoire du rallye.

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